Le 23 janvier 2025, la CFDT Cadres (dont je suis représentant syndical ✊) annonçait quitter définitivement Twitter devenu X. Les raisons il y a un an étaient sans appel :
- Déséquilibre entre comptes payants et comptes gratuits,
- Limitation de la fonctionnalité de « blocage »,
- Modification de l’algorithme, rendu de plus en plus opaque,
- Réactivation de comptes néofascistes,
- Diffusion de fake news.
De mon côté, j’étais un très très gros utilisateur de Twitter, plus de 19 000 tweets en quasi 9 ans de cui-cui. J’aimais beaucoup Twitter, l’instantané et le côté cœur de l’action, le débat plus ou moins sain, les memes et légendes qui se sont formées sur ce réseau.
N’étant pas à une contradiction près, j’étais prêt à faire abstraction du fait qu’Elon Musk soit devenu PDG de la plateforme. Après tout si le produit est bon et qu’il respecte la loi, qui suis-je pour juger, moi qui conduis une Tesla, tout le monde a droit à ses opinions. Rapidement, le personnage devenant horrible à suivre et forçant ses tweets (oui, j’ai du mal à dire autre chose que tweet pour parler des gazouillis X) en front page, je l’ai juste bloqué et continué ma vie. Mais ça, c’était avant.
Beaucoup de choses se sont succédé, la dernière en date étant la non-réaction lorsque Grok s’est mis à déshabiller de jeunes filles sur simple demande de la part de n’importe qui. Je crois que c’est à ce moment que j’ai a minima pris la décision de supprimer mes tweets, non pas que ce ne soit pas trop tard, mais participer à l’entraînement de Grok avec mon contenu de façon aussi volontaire commençait à me poser problème.
J’ai accès à Grok par commande vocale dans la voiture, c’est vraiment une IA de gamin de 14 ans. Je ne vais pas tergiverser trop dessus car ce n’est pas le sujet, mais on a quand même une fonction pour que l’IA me réponde systématiquement par des théories complotistes ou qu’elle me chauffe comme une chaudière avec des takes dignes des pires années du téléphone rose…
Bref, je veux supprimer mes tweets. Facile ?
Eh bien non, c’est même quasiment impossible, l’API n’accepte que 20 requêtes par jour sans payer des centaines d’euros ! J’ai fini par développer un script, mais déjà c’était très lent car il affichait tous les tweets un par un dans un browser CLI, et tous les 25–30 tweets supprimés X me bloquait les accès (anti-spam, anti-bot ou anti-deletion, je ne sais pas ce qui trigger la coupure mais toujours est-il que ça me bloquait).

Finalement sur recommandation de @korben j’ai fini par prendre un abonnement à Redact qui m’a permis de tout supprimer. Mais cette impression d’être emprisonné dans la plateforme et de ne plus être maître de son contenu m’a beaucoup fait réfléchir.

J’avais bien créé un compte Threads, mais il y a quand même beaucoup moins de monde là-bas…
Et puis, Meta n’est pas non plus blanche comme neige, dernièrement ils nous obligent à choisir sur Instagram (dont je n’ai pas encore trouvé d’alternative) entre un abonnement à 9€ ou des pubs ciblées. Est-ce que j’ai besoin de vous faire un dessin ?
Donc Threads, ça dégage.
Retour à X ?
Bluesky, ou comment Twitter aurait dû évoluer
Bluesky c’est un peu l’inverse de Twitter dans sa philosophie de base. On y retrouve cet esprit jeunesse d’un concept qui revient aux fondamentaux d’internet : la connexion entre les gens, la fédération et les clubs d’intérêts et le côté marginaux beatnik qui fait que pour le moment (à l’instar de Mastodon qui est sa version barbus-lunettes-linux) c’est encore un truc de niche.

Une boîte à outils open source permettant de créer des applications sociales capables de communiquer entre elles.
C’est un truc de niche, mais qui a accueilli surtout les exilés de X. Donc des marginaux, des comptes politisés très à gauche, voire carrément à l’extrême gauche et peu de comptes mainstream. On saupoudre tout cela de quelques geeks comme moi qui sont juste contents de pouvoir tester, participer et lier leur nom de domaine…
De fait, entre les tweets (ou devrais-je dire les bleuets ?) de Furry LGBT et d’anticapitalistes je ne suis pas encore hyper à l’aise avec la plateforme, moi qui avais creusé mon trou sur X, en bloquant à la volée des centaines de comptes, en curant et en suivant pas mal d’autres comptes.
Mais au moins je suis chez moi. J’espère trouver suffisamment de contenu pour ne pas m’ennuyer. Je n’ai pas encore passé le cap d’auto-héberger mon instance, mais vu comment cela semble simple de transférer un compte d’une instance à l’autre je ne m’en fais pas trop. À défaut j’ai vraiment l’impression d’être à nouveau en contrôle de mon contenu.
Alors oui, Bluesky c’est petit et à mon avis, sauf grosse dinguerie de Musk, ça continuera de rester très à la marge. Ce qui fait la force de Twitter c’est sa base installée. Si l’on veut créer un compte d’intérêt on va forcément chercher à maximiser le reach et se pencher sur Twitter en premier. Et donc de fait les gens auront tendance à rester sur Twitter car le contenu est plus prolixe là-bas. C’est un serpent qui se mord la queue.
Mais moi, au moins, je ne suis plus partie prenante 🐦